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jeudi, 20 septembre 2007

Avants-premières, suite

Et une semaine après Un secret, me voilà accompagnée de trois mousquetaires, prête à regarder 99 francs, l'adaptation du roman de F. Begbeider par Jan Kounen, avec dans le rôle principal Jean Dujardin.

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     Connaissant le sarcasme caustique et le désenchantement acide de F. Begbeider, je m'attendais à du cru et du trash et m'interrogeais sur comment le réalisateur parviendrait à conserver par sa caméra cette ambiance et ce regard lucidamer sur le monde.

    Pari largement réussi! En effet, c'est trash à souhait (on ne comprend pas qu'il ne soit pas interdit aux moins de 12 ans, minimum), il y a des trouvailles côté plans et images (ce qui dans un film français est grandement appréciable); à relever par exemple l'insertion d'un mini dessin animé, un peu à la manière de Kill Bill, ou des mouvements rapides de caméra effets 3D...

    Vaste critique de la société qui nous entoure, société de publicité et de consommation, où tout est produit, y compris le film que l'on regarde, où tout le monde est toujours potentiel acquéreur, où tout se paye et tout est à vendre, "vous, moi, surtout moi". C'est dit avec humour, on rit énormément, de bon coeur d'abord puis tout à coup on se rend compte qu'on rit jaune, puis qu'on ne rit plus du tout. Face au monde vernissé de la jet set, sa superficialité, sa façade, face à la recherche d'un paradis artificiel par la cocaïne, fantasmagorie qui tourne au drame, l'homme n'a d'alternative que la suivante: se plier aux règles du jeu, consommer, construire de la consommation et des valeurs factices, ou fuir en quête d'une vie originelle perdue et de ses valeurs fondamentales.

    La rencontre fut assez drôle à défaut de fondamentalement intéressante: producteur, réalisateur, auteur (et oui, Frédéric Begbeider, Remets-toi Dandy, tu l'as eu ton autographe!), acteur (et oui, Jean Dujardin, aie aie aie, retenez-moi!) et aussi Jocelyn Quivrin (mais où donc l'ai-je déjà vu??), Vahina Giocante et Elisa Tovati... Bref beaucoup de monde pour répondre à des questions plus inintéressantes les unes que les autres, visant à demander au réalisateur d'aller au bout de sa critique en ne faisant aucune publicité pour le film, en demandant à ce que les salles n'en projettent pas avant le film... Peut-être auraient-ils tous voulu que les artistes travaillent bénévolement, ou encore qu'en un film on arrive à transformer tout un système de fonctionnement social!

    Nous avons tout de même appris que la production a refusé d'être démarchée pour toutes les publicités qui apparaissent dans le film, ce qui laisse la liberté de citer ou de critiquer qui l'on veut. F. Begbeider a joué au rebelle en arrachant férocement les deux banderoles publicitaires présentes dans la salle, J. Dujardin a emprunté la vidéo d'un spectateur pour filmer la salle...

  On a quand même bien ri! Mais je me rends compte que plus l'équipe en présence est nombreuse, moins les échanges sont creusés, je ne sais pas trop pour quelle raison.

   S'est ensuivie une discussion lucidamère sur notre monde factice et désabusé avec mes 3 mousquetaires (aimable compagnie, n'est-ce pas?) sur le parvis du cinéma, qui, de n'être écourtée rapidement, pourrait être toujours en cours!

Alors, 99 francs, c'est pessimiste ou lucide?

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Commentaires

Hey, je suis mousquetaire ;-)

Très bon compte-rendu de ce film et des discussions qui ont suivi ! D'ailleurs je l'ai mis en lien dans mon dernier article sur Beigbeder ;-)

Et tu as raison de parler de la peinture du personnage écrasé d'Octave Parango, c'est pour moi un point central de 99F, mais il semble bien que ceux qui posaient des questions ont raté cet aspect...

Ecrit par : Guillaume | jeudi, 20 septembre 2007

Merci Guillaume pour ton commentaire.
En effet, l'échange aurait pu et dû être plus intéressant, plus technique cinématographiquement ou littérairement.

Peut-être aurions-nous dû parler, ;-)

Ecrit par : Samarine | jeudi, 04 octobre 2007

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