lundi, 11 décembre 2006

La mort du tyran

Il est entré à l'hopital pour un nouvel infarctus, nous dit-on. Il est en phase de guérison après une opération du coeur, apprend-on quelques jours après. Et aujourd'hui, j'apprends qu'il est mort.

Auguste Pinochet, à 91 ans, est mort.

 Me voilà triste. Déçue. Affectée. Profondément.

Je ne pleure pas la disparition du Chef de la dictature chilienne de 1973 à 1990, le Maître ès Tortures et Disparitions. Je pleure sa sortie victorieuse de la vie, sans avoir été jugé par un pays en quête d'une identité volée, et qui tente de se reconstruire avec tous ces blancs, ces vides, ces morts et ces disparus. Il venait d'être accusé de deux meutres dans le cadre de la Caravane de la Mort,enfin. Il était assigné à résidence. Et son coeur s'éteint et le tait.

Je pleure car j'espérais le voir jugé, et dans son pays. Quelle belle victoire politique, juridique, historique, ç'eût été!

Nous devrons nous contenter de le voir jugé dans une reconstruction littéraire de l'histoire...

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mercredi, 06 décembre 2006

Pardonnez-moi

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Je sors de la salle, la bouche encore bée. Le cours Mirabeau, seule, la lune que viennent occulter quelques nuages. Je regarde les passants sans les voir. Je suis toujours dans le film, toujours avec Violette.

Maiwenn réussit un tour de force, une autobiographie de tout le monde. Dans chaque famille des secrets, des non-dits, des souffrances, des rancoeurs. Et pourtant la famille est un pilier pour se construire. Sans famille, l'être perd son identité.

La caméra est souvent à l'épaule; certains comédiens ont joué gracieusement (comme Hélène de Fougerolles) afin que ce plongeon au coeur d'un être puisse aboutir.

Ce que produit ce film est si intérieur qu'il est difficile de le figer en mots. De nombreuses réflexions, moultes émotions vous envahissent tout au long du film.

Et une phrase qui s'abat tel un lourd bélier qui défoncerait toutes les portes:

"Votre père ne vous demandera pas pardon. Il est le père, l'autorité, la loi; ce serait transgresser cela que de vous demander pardon. C'est impossible, il ne le fera pas."

Semaine sur Tartine

medium_couteaux.jpgAvant que l'oubli ne la dévore, je vais vous faire une tartine de ma semaine dernière. Alors,  beurre ou  nutella?

J'ai vogué entre mers de recherche universitaires, marées d'étudiants et d'élèves, écueil sur mon lit gémissante endolorie, puis à la nage regagner le médecin. Une sonde a visité mon intérieur lunaire avant que je ne revisite le trimestre de mes élèves, le tout après avoir joué à la Pretty Woman avant de blêmir devant Saw1... Sur une île une louloute en pleurs, sur une autre les incantations d'un marabout, et sur la troisième des pneus tout neufs!

J'ai partagé le quotidien de femmes au foyer déséspérées, puis ma première soirée-lecture avec des bookcrosseurs, finie à la lueur des chandelles d'une crêperie en amoureux.

La confiture sur la tartine c'est la surprise d'un anniversaire secret, les appels de dernière minute, la recherche de Livre d'or, la préparation d'un panneau-photo-de-quand-il-était-petit, le stress des uns, l'énervement des autres...

*sur une assiette, posée, une tartine de ma vie *