jeudi, 15 février 2007

La brune était en noir

Il fait beau aujourd'hui: le ciel est bleu, le soleil brille.

Des personnes réunies, vêtues d'un peu ou de beaucoup de noir, avec un peu de blanc qui dépasse, en une chemise ou un mouchoir.

Des effluves d'émotions arrivent jusqu'à moi, me traversent, me gagnent; peine, tension, discrétion, inquiétude, compassion, tristesse, épuisement, amour. Quelques sourires éteints, de nombreuses larmes ravalées. C'est l'heure de la dignité, de l'aurevoir.

Les mots touchent, mots d'immortalité et d'amour, d'espoir et de vie, de merci et d'ensemble. La mélodie s'élève, les larmes roulent. Suivra un chant corse; deux costumes sombres s'affairent autour de ce beau bois brillant.

Il fait beau aujourd'hui: le ciel est bleu, une mère s'envole, le soleil brille, une femme est enceinte.

 

samedi, 28 octobre 2006

Istanbul... par petites touches

Et voila, depuis deux jours, je deambule dans les rues stambouliotes, la ville aux mille mosquees! Et oui il y en a bcp, et elles sont tres belles! Rues animees, tramway efficace, centre touristique, ville nouvelle, de quoi changer de ville en traversant plusieurs pates de maison!

J'entends... toutes les langues du monde, les prieres, les klaxons des taxis jaunes ( ici il y a un code de la route tout ca, et on peut meme traverser la route sans faire une priere comme au Caire!), le bip bip du tram, les rabatteurs qui veulent nous faire manger a toute heure du jour et de la nuit.

Je vois ...des pecheurs tout le long du pont de Galata, des bateaux et des epaves dans le Bosphore ( comme ils doivent etre bons les poissons peches dans le Bosphore, lol), des enfants qui sortent de l'ecole, qui courent dans les mosquees, des femmes voilees un peu ou beaucoup ou pas du tt, des hommes assez charmants ( le type turc est plutot pas mal...teint clair, bruns aux yeux bleus ou verts...), des hommes priant, des groupes moutonnant, mille colonnes dans les reserves d'eau sous-terraines ou nagent de gros poissons au milieu des pieces ( et oui: un peu d'eau, et paf, tout le monde jette des pieces !!).

Je vois aussi des vendeurs de Bretzel, des panneaux pour aller au Grand Bazar, LE souk d'Istanbul, je vois des milliers d'epices au bazar egyptien, ainsi que des babouches a pompon et des lampes illuminees, de la ceramique coloree... je vois des grenades enormes, pourpres et juteuses, qui se vendent direct comme ca ou dans un jus frais de pomme / grenade ( a tester avant de partir, je vous raconterai, hihi ). je vois plein de gens partout tt le tps, touristes, ouvriers du tourisme, mamans avec enfants, passants, travailleurs... ca brasse ca brasse ( vous saviez d'ailleurs que le Yoghurt c'est Turc au depart et pas bulgare? )

Je sens les effluves d'epices et l'humidite du hammam, les mains energiques de la masseuse sur tout mon corps, je sens tjrs des odeurs douces de nourriture, l'odeur des mosquees et celle du Bosphore, acre et salee.

Je goute les loukoums, la chorba ( soupe de lentille), le kumpir ( enorme patate chaude farcie de puree et de legumes), le the turc ( hyper fort), le pain turc, les mezze divers et varies, le halva et tant d'autres choses...

Decouverte historique, gustative, visuelle, mais pas si depaysant car vraiment ici, on est en Europe...

Je repars dans une Citerne aux mille colonnes... c'etait juste une petite carte postale, ;-) , depuis l'ordi du hall de mon hotel ou passe une musique pop turque...

lundi, 16 octobre 2006

'Il fait dimanche quand tu souris'

medium_EveLotus.jpg

En Lotus, je regarde, j'entends, je vois, je sens.

       Des familles, des groupes d'amis épars sur l'herbe. Les ballons volent, les chiens s'élancent joyeusement. A vélo, à pied, en poussette, en porte bébé. Images de bonheur, de sourires, de vie.

Sous l'oeil de la Sainte Victoire, d'un ciel bleu sans nuage, une brise de vent, le soleil caressant.

Odeur d'arbres, de vert, de menthe sauvage.

Cris d'enfants jouant, pleurs d'enfants tombant.

Cris énigmatiques:"Papa? Papaaaa? Paaaaaaaapaaaaaaaaaaaa?". Ils sont des dizaines d'enfants, et donc des dizaines de papa. Et pourtant, à cet appel venu des arbres, doit réagir le bon papa.

Raquettes, cerf-volant, chatouilles et jeux dans l'herbe, siestes au soleil.

      La douceur de l'air nait de ce soleil miraculeux en ces dates, de cette verdure apaisante, de ces enfants heureux, de ces parents sereins.

Je suis en Lotus; le cerf-volant peine à voler. Parmi cette foule trois silhouettes sont dans mon histoire.

Je me laisse envahir par la douceur du moment, je souris au soleil. On me rejoint, je me sens bien.

Je suis deux. Il fait dimanche quand tu souris.

jeudi, 31 août 2006

Sur une route

Nuit, voie rapide, il fait sombre. Je rentre des Festines, je conduis.

La soirée sympa, drôle, conviviale, il fait bon après tant de chaleur, bourride, glace. ça fleure bon les vacances.

Nuit, voie rapide, il fait sombre. Au détour d'un virage, à droite, une voiture mi sur la voie mi sur le bas côté, warnings. Des 'objets', monticules, obstacles en vrac sur la voie.

Frein, rétros, warnings, rétrograder, passer, éviter les obstacles, dégager de là, éviter le sur accident, avertir le camion qui arrive derrière, les voitures...

Adrénaline dans le sang, concentration maximum. Cent mètres plus loin, voie de droite bout de carcasse dans le noir, moto effondrée au sol, à gauche éclats, débris... rouler, éviter, passer.

S'arrêter, téléphoner, avertir, respirer.

Et une voix me demande: "tu as vu le corps?"

...

Voie de gauche, au niveau de la voiture en warnings, un corps inanimé.

Les 'objets' que j'ai vus, les 'trucs' à éviter....

lundi, 29 mai 2006

J'ai tué la carte postale

J'en ai tant écrit des cartes postales:

"Bonjour, je passe mes vacances à *****. Il fait très beau, je m'amuse beaucoup mais il y a beaucoup de touristes. Demain on visite ***. Gros bisous, et à bientôt... PS: je rentre le **** .      Maya"

J'ai saturé je crois. De l'obligation d'en envoyer quand on 'part'. De la platitude de ces messages. De la laideur des cartes les plus fréquentes, ou de la cherté des autres. De la non-envie de froisser quiconque.

J'ai tué la carte postale.

 

Et je l'ai repensée, refondue, recrée.

Pour moi, une carte postale c'est un genre littéraire: ce qu'on écrit remplace l'image. Dire ce que je vis, où je suis, ce que je vois, le transmettre, le faire comprendre, le partager. C'est ça ma carte postale. C'est décrire tout ce qui m'entoure: je ferme les yeux et je sens, j'entends. J'ouvre les yeux et je regarde ce qui est figé et ce qui bouge, la nature et les gens, l'éphémère et le durable.

Je me suis remise à écrire des cartes postales, mais pas seulement quand je suis loin. Juste pour figer un instant, lui donner  une consistance, une saveur, une épaisseur.

Là, je vois la fumée de ma cigarette devant mon écran, mes doigts qui vont et viennent, un bureau en bordel, une tasse de café vide, deux téléphones à ma gauche, à côté du verre de menthe à l'eau... J'entends le vent dans la rue, le carillon de clochettes suspendues à des fenêtres, deux voisines qui bavardent, un grondement lointain de moteurs, mon ordi qui se manifeste...

Je sens mon crâne qui bat la chamade, un peu de fraicheur sur ma peau. Une voiture plus près... elle est partie... un éclat de voix, un enfant qui passe...

J'aime les cartes postales des jardins publics, des plages, tant de sons, d'odeurs, de couleurs se répondent!